Il semble que notre région ait été habitée depuis les temps les plus reculés. Cependant, il reste peu de vestiges des premiers hommes et de leurs outils. Seuls subsistent des traces de la période Néolithique (pierres levées, outils de l’âge de bronze, tumuli de l’âge du fer).
Quelles traces de l’Antiquité et du Moyen-Age ?
A l’époque gauloise, la tribu des Turones s’était fixée sur le territoire et s’est convertie à l’agriculture et l’élevage (bœufs, chèvres et moutons). Les champs cultivés s’étendent de part et d’autre de l’Indre. De plus, les forêts offraient une abondance de ressources (bois de chauffage et de construction, outils et manches d’outils, fagots, litière et nourriture pour le gros bétail et bien entendu gibier de toutes sortes…). Les marais de Bréhémont constituaient une ressource inépuisable en poissons.
La conquête romaine marque le canton, où passait une de leurs plus importantes voies, celle reliant Tours à Poitiers en passant à Pont-de-Ruan et Thilouze.
Le territoire fut partagé en domaines. La commune la plus « gallo-romaine » fut certainement Cheillé. Dans trois endroits y ont été faites des découvertes sensationnelles : aux lieux-dits les Cercueils, la Grand-Marion et la Rémonière.
Les invasions barbares qui suivirent la Pax Romana incitèrent les populations locales à creuser des « souterrains-refuge » pour sauver leurs vies. S’y entassaient les familles pendant que les envahisseurs passaient et repassaient en surface. L’exemple du souterrain-refuge des Goupillères est très parlant.
Vers l’An Mil, on pouvait voir de nombreux châteaux, soit sur les hauteurs (Ussé, Rivarennes, Saché, La Chevrière, La Cour, La Chatonnière, Villaines), soit protégés par de larges douves (La Roche, Le Châtelet, Fontenay), soit par des marais (Azay, l’Islette, Fouchault).
A l’origine, ces forteresses étaient toutes d’une grande simplicité, chacune se réduisant à un camp protégé par des palissades et des fossés, avec au centre une tour carrée en bois servant de donjon. Ces châteaux étant bien primitifs, la pierre succéda au bois inflammable pour les donjons puis pour les murailles.
En 1213, le roi nomma en Touraine 55 chevaliers bannerets en échange d’hommes d’armes, des archers et des arbalétriers. Hugues Ridel, fut l’un des ces chevaliers. C’est ce Hugues qui donna son nom à Azay qui s’appela alors « le Ridel ».
La vie féodale imposait tailles et corvées aux paysans, la plupart serfs. Cependant, au 12ème siècle, le besoin d’argent et une meilleure entente de leur intérêt amenèrent les seigneurs à accorder des libertés à leurs serfs et à peupler les régions improductives, ce qui permit la colonisation des varennes de Bréhémont et de la partie basse d’Ussé.
Ce fut le commencement de la construction de la digue de la rive gauche de la Loire. Les populations construisirent un talus de sable, plaqué de deux épaisses couches d’argile, consolidé de pieux et de fagots en attendant la plantation d’arbres. Puis des maisons virent le jour sur cette digue, assez puissante pour contenir les crues et protéger les récoltes. Voyant le succès de l’entreprise, les habitants de varennes se répandirent dans le bas pays et les campagnes d’Ussé, de Bréhémont et de la Chapelle-aux-Naux.
C’est au temps des Croisades que la plupart de nos églises rurales furent édifiées, remplaçant les modestes oratoires en pierre et bois de l’époque précédente. Ce mouvement de construction fut vif et simultané.
Quand Azay-le-Rideau s’appelait « Azay-le-Brûlé »
Un des moments les plus dramatiques de l’histoire d’Azay-le-Rideau reste le massacre de 354 personnes. En 1418, le Dauphin Charles échoua dans sa tentative de reprendre la ville de Tours au Duc de Bourgogne. Il se replia alors sur Chinon. En passant devant Azay-le-Rideau, les habitants lui refusèrent une aide et l’insultèrent. En représailles, le roi fît brûler le château et tua toutes les personnes y vivant. Dès lors, la ville porta le nom « d’Azay-le-Brûlé ».
Après l’accalmie, en 1442, le roi autorisa la reconstruction d’Azay, en protégeant leurs nouvelles maisons d’une enceinte munie de tours et percée de 4 portes : celle de la Varenne, celle de Tours (au carrefour du Grand Monarque), celle du château (rue Balzac) et celle du pont, fortifiée par 2 grosses tours. De profondes douves précédaient les murailles, suivant les rues actuelles de l’Abreuvoir, Carnot, du Château, longeaient la place de la République (ancien cimetière) et rejoignaient l’Indre qui les alimentait en eau. En dehors des murs restait le château, le moulin et au nord l’Hôpital.
L’époque des châteaux et manoirs
L’époque de Louis XI (1423-1483)
Elle fut synonyme de paix. Une multitude de gracieux manoirs, sobres de décoration, mais purs de lignes, couvrit toute notre région. Trois de ces châteaux se détachent par leur importance et leur histoire :
- le château d’Azay-le-Rideau, demeure incomparable dont l’attrait réside dans le fait que, nulle part, ne fut réalisée une entente plus complète entre un monument et le paysage qui l’entoure. Cette construction était due à Messire Gilles Berthelot, Trésorier des Finances et Maire de Tours. Il épousa la fille du sieur Lesbahy, propriétaire du château depuis 1498, qui le donna en dot à celle-ci surnommée « la belle Philippe », qui s’occupa de concevoir le projet de construction. En 1527, les travaux devaient s’arrêter et le château céder à un ami de François 1er, Antoine Raffin.
- A 2 kilomètres d’Azay est l’Islette, château presque semblable par sa situation au bord de l’Indre.
- Le troisième joyau de la Vallée de l’Indre est Ussé. A la fois féodal et fleuri des grâces de la Renaissance, il fut édifié à la place d’une sombre forteresse par Jacques d’Espinay et son fils Charles entre 1485 et 1535.
Et la Révolution ?
La prise de la Bastille eut des répercussions dans la France entière. Dès le 21 juillet, des bandes populaires se portèrent en foule aux magasins de blé de Tours et les pillèrent. Cet exemple gagna Azay. Le 30 juillet, la Municipalité décida sur la demande de l’assemblée des citoyens, de faire arrêter les perturbateurs par les gendarmes, période de « Grande Peur ».
Mais le calme se rétablit : l’égalité des droits, la suppression de la féodalité, des corvées et des douanes intérieures étaient des conquêtes importantes. D’autres mesures furent bien accueillies, telle la division de la France en départements, districts (arrondissements, 7 étaient prévus en Indre-et-Loire), cantons et communes.
Azay se trouva à la tête d’un canton comprenant Cheillé, Villaines, Thilouze, Vallères, Saché et Lignières ; Rigny-Ussé fut le chef-lieu d’un autre composé de Rivarennes, Bréhémont, La Chapelle-aux-Naux et Saint-Benoît. Chacun fut pourvu d’un juge de paix, élu par les habitants.
Nouveaux échanges, nouvelles voies de communication
Après 1830, on vit la réhabilitation des chemins vicinaux reliant les communes entre elles. Ce fut également la construction de nouvelles voies et du pont reliant La Chapelle aux Naux à Langeais.
Le développement des moyens de communication favorise le transport et la vente des denrées agricoles (Tours étant reliée par voies ferrées à Paris, Nantes, Bordeaux, Le Mans, Chartres et Vierzon). Le commerce par bateaux, qui n’avait cessé de grandir, décline avec cette concurrence.
Mais l’évènement le plus marquant fut la création du chemin de fer de Tours aux Sables-d’Olonne et le 15 avril 1875, le premier convoi passait enfin a Azay.
On pourrait croire que le fleuve, fatigué de servir l’homme, voulut profiter de cet amoindrissement pour se révolter contre lui et contre les levées : trois grandes crues balayèrent ces ouvrages comme des fétus de paille en 1846, 1856 et 1866.
Les sursauts de l’économie fin XIXème
Industrie florissante, avec l’installation de l’industrie moderne sous la forme d’une papeterie à vapeur fondée à Marnay par les frères Mame en 1870.
Crise de la viticulture de 1880-1890. Le phylloxéra et son associé le mildiou firent beaucoup de dégâts. Peu à peu, la lutte s’organisait et on arriva, par l’introduction des plants américains et à force de bouillies cupriques, sinon à détruire le fléau, du moins à vivre avec lui.
Développement de la pêche d’aloses et de saumons en Loire au début du siècle, surtout depuis qu’elle n’était plus naviguée.
A partir de 1870, le progrès fit dans nos campagnes des pas de géants. Successivement, on vit apparaître machines agricoles, lampes à pétrole, télégraphe, téléphone, bicyclettes, électricité, cinéma, autos, adduction d’eau, toutes les choses qui ont profondément transformé la manière de vivre.
Les deux Guerres Mondiales
Après la « Belle Epoque », vînt la « Rude Epoque » : le 1er Août 1914, la guerre est annoncée sur les portes des mairies. Pendant le conflit, Azay devint une ville militaire puis une ville de garnison. Dans nos campagnes uniquement agricoles, il fallut s’ingénier à remplacer les hommes mobilisés. Le 11 Novembre 1918 retentit le tocsin de la victoire, mais la note était effroyablement lourde 453 tués pour 3 805 habitants. Comment s’étonner après une pareille saignée, que les vingt ans qui s’écoulèrent de 1919 à 1939 furent une époque de stagnation sur tous les plans (agricole, industriel, commercial) et d’une natalité déficiente ?
Le commencement de la guerre 1939-1945 fut marqué par le repli du ministère de l’Education nationale sur notre canton. Le bureau de la direction générale s’installa dans le château d’Azay, démeublé provisoirement. Les autres directions s’éparpillèrent dans tout le canton. Après un hiver et un printemps plutôt calmes, les armées allemandes gagnent du terrain et l’armistice est prononcé le 17 Juin. C’est le vendredi 21 Juin qu’apparaissent les premiers allemands. Au début de Juillet, Cheillé, Azay et Villaines, choisies pour le cantonnement des troupes, furent occupées.
Source: Histoire d'Azay et de son canton -Jacques MAURICE
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